Carte blanche : Brisez l’austérité, investissez maintenant dans la jeunesse d’aujourd’hui !
Combativement vôtre,
Hélène Debaisieux et Thibaut de Radiguès
co-président·es de Relie-F
Alors que les finances publiques sont dans le rouge et ce, principalement à Bruxelles et en Wallonie, les travailleur·euses du secteur socio-culturel en Belgique font face à une exigence mettant à mal leurs conditions déjà difficiles : l’austérité ! L’Arizona déroule son plan de rationalisation au fédéral. La majorité MR-Engagés termine le travail à la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Nous, acteur·rices du non-marchand, étions déjà soumis·es aux exigences d’efficacité, d’efficience et de la soi-disant « bonne gouvernance », le fédéral vient nous demander de faire davantage d’efforts afin de contribuer aux priorités établies. Au niveau communautaire, le refrain est à peine différent : « faire des choix et être créatifs » !
Or, ces décisions ne vont pas dans le sens d’un État providence. Elles constituent des choix politiques forts et préoccupants. L’austérité sert à justifier des coupes budgétaires dans des secteurs essentiels comme la culture, la santé, la justice ou encore l’enseignement. Ces coupes incarnent une vision réductrice de notre rôle dans cette société en ne considérant les citoyen·nes que comme des forces de travail et des consommateur·rices.
Dans le cas spécifique des associations socio-culturelles, plusieurs décisions viennent progressivement couper tous les moyens de subsistance de ces structures : non-indexation des subventions, coupes et fin de financements, dissolution arbitraire des organisations jugées “radicales” ou« politiques », diminution ou révision des systèmes d’aides à l’emploi (APE, ACS, ALE et des Détachements Pédagogiques dans les Organisations de Jeunesse…), mais aussi la réduction de 30% de la déduction fiscale des dons.
Dans ce contexte, il existe des nombreuses alternatives de financements et couper dans le tissu associatif et le secteur public n’est pas anodin. Alors que le gouvernement opère des coupes dans les espaces qui offrent des perspectives d’émancipation et de solidarité, il consacre en parallèle des milliards d’euros au renforcement de l’armée et à un service militaire “volontaire” rémunéré. Une contradiction qui sacrifie la notion de volontariat au profit de la militarisation de la jeunesse. Un autre exemple qui illustre cette vision très contestable du volontariat est la fin du Service Citoyen ou encore le remplacement des travailleur·ses ALE par des volontaires dans les écoles, en accueil temps libre et dans les écoles de devoirs. Tous ces choix s’inscrivent dans un contexte politique complexe et troublant où certains droits fondamentaux sont menacés, notamment la liberté d’association, le droit de manifester ou l’accès à l’information…
En tant qu’organisations de jeunesse, ces décisions impactent directement les publics jeunes avec lesquels nous travaillons : elles appauvrissent les plus démuni·es et ciblent les plus fragiles.
Face à ces constats, plus que jamais, il est temps de laisser la place au dialogue, à l’écoute, à la pensée critique, à la citoyenneté, à la jeunesse, à la culture, à la diversité… Investir dans l’avenir avec des politiques publiques ciblées, c’est ce qui marche, comme le démontrent les études. Il est temps de réaffirmer notre plus-value, notre volonté de construire une société juste et durable, solidaire et inclusive, pluraliste et ouverte, libre et démocratique.
En tant que co-président·es de Relie-F, nous continuerons d’appeler à la solidarité dans le secteur associatif et à faire entendre nos voix pour que la jeunesse et les projets citoyens soient remis à leur juste place dans les politiques publiques.
Puisque comme le disait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde »