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L’emploi des jeunes ne doit pas payer le transfert des compétences

L’emploi des jeunes est la priorité politique de cette législature. Les programmes des partis, les déclarations pré-électorales, les déclarations gouvernementales  : ils parlent tous de l’importance de l’emploi chez les jeunes.

Parallèlement, avec le transfert des compétences, on sait qu’il y aura moins de moyens pour garder une politique constante, seuls 90% des budgets sont transférés du fédéral avec les compétences.
Singulièrement en matière d’emploi. C’est donc avec crainte que nous attendons les mesures concrètes des gouvernements Wallons et Bruxellois.

Réorienter ou toucher aux aides à l’emploi actuelles signerait l’arrêt de mort du secteur associatif. En effet, pour certaines associations, les emplois subsidiés régionaux, APE et ACS, représentent 90% de leurs charges. Un changement dans le taux de subventionnement de ces emplois entrainera, mécaniquement, le même pourcentage de pertes d’emploi.

On voit déjà arriver la critique  : «  Et alors  ? L’associatif vit aux crochets du marchand  !  ». C’est pourtant totalement faux, le non-marchand pèse 5% du PIB et représente plus de 12% des travailleurs (chiffres BNB 2013)  ! Ces dernières années c’est le seul secteur qui a augmenté son nombre d’emploi.

Il fait vivre des milliers de familles qui réinjectent leur argent dans l’économie réelle, au profit du marchand et via les taxes, au profit de la collectivité.

Par ailleurs, le travail de l’associatif est un travail citoyen et porteur de lien social indispensable au fonctionnement et à la cohésion de la société, l’oublier et accroître son sous-financement serait une grave erreur  : sans APE ou ACS, il n’y aurait plus de classes vertes, plus de plaines de jeux, plus d’écoles de devoirs, plus de maisons de jeunes, plus de séjours, plus de deuxième rhéto à l’étranger, etc.

Le secteur associatif de la jeunesse serait quant à lui profondément touché par une mesure visant les aides à l’emploi, ce qui déboucherait sur le licenciement ipso facto de nombreux travailleurs APE dont plus de 80% sont des jeunes…
C’est là que se situe le plus grand paradoxe, la priorité politique c’est l’emploi des jeunes et la tendance budgétaire actuelle réclame une diminution des coûts des mesures pour l’emploi.

Or, dans les associations de jeunesse, c’est principalement les jeunes qui bénéficient d’une mise à l’emploi grâce à ces programmes d’aide à l’emploi.

La situation de l’emploi des jeunes ne se réglera pas par la mise en place d’un nouveau type de stage ou d’un nouveau type de contrat précaire, mais par la création de vrais emplois qui sont les seuls à véritablement intégrer le jeune sur le marché du travail.

Les solutions  ? Premièrement, maintenir le subventionnement et le nombre d’emplois pour le secteur associatif jeunesse.

Deuxièmement, utiliser les moyens européens de la «  garantie jeunesse  » (un stage, une formation ou un emploi dans les 18 mois de sa sortie de l’école) et démultiplier son effet avec les politiques d’emploi régionales par et pour les jeunes.

Ceci afin de donner aux jeunes un emploi de qualité, porteur de valeurs, garanti dans le temps et utile pour la société.

Christophe Cocu
Relie-F

 


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