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La répression laisse-t-elle les jeunes être des CRACS ?


Le 10 décembre, des bénévoles de Quinoa participaient à une manifestation dénonçant la criminalisation de mouvements sociaux en Colombie, au Guatemala et aux Philippines.
Après quelques semaines, l’un d’eux est revenu avec une question : « cette stratégie n’est-elle pas aussi à l’œuvre chez nous ? »

Il ne s’agit pas de comparer notre situation à celle des pays où les militants sont arrêtés, torturés et parfois assassinés en toute impunité, mais au vu de l’actualité, la question est légitime.
En effet, depuis quelques mois, les procès, amendes et violences policières à l’encontre de jeunes militants se multiplient.

En 2011, des centaines de citoyens ont remplacé des pommes de terre génétiquement modifiées par des patates bio dans un champ d’essai à Wetteren.
En janvier, 11 d’entre eux ont été condamnés à des peines allant jusqu’à huit mois de prison ferme pour association de malfaiteurs.
Le message est clair  : mener une action de désobéissance civile peut être puni plus lourdement qu’une agression physique.

En juin 2012, répondant à l’appel d’organisations de jeunesse, des militants se sont rassemblés pour s’opposer à une manifestation d’extrême droite.

Ces jeunes ont été accueillis par des coups de la police dès leur sortie du métro, avant de se voir infliger des sanctions administratives communales (SAC) de 250€.
Présentées à leur création comme un outil permettant de sanctionner les incivilités, les SAC sont de plus en plus souvent infligées à des manifestants.

En parallèle, l’arsenal législatif utilisable à l’encontre des mouvements sociaux s’est renforcé. Le 7 février 2013, le Sénat a adopté un projet de loi incriminant les incitations indirectes à la commission d’infractions terroristes, qu’elles soient suivies d’actes ou non.

Il reviendra donc au juge d’apprécier s’il existe un risque qu’une infraction soit commise et si ce risque découle d’une incitation. La subjectivité, l’arbitraire et l’imprécision de cette loi en font une arme potentielle contre tout discours appelant à des actions de blocage, de désobéissance civile, ou plus généralement encourageant l’engagement et le changement social.1

Il y a évidemment d’autres manières de s’engager que les manifestations et/ou les actions de désobéissance civile. Il est cependant déplorable de constater que les jeunes qui ont choisi de s’exprimer de manière citoyenne, responsable, active, critique et solidaire par ces méthodes pacifiques, démocratiques et souvent créatives, s’exposent à des arrestations, des amendes et des condamnations sévères.

Damien Charles
Quinoa

1 Pour en savoir plus, consultez le communiqué de la Ligue des droits de l’Homme « L’incitation indirecte au terrorisme : un terme qui piège la liberté d’expression » du 6 février 2013 et l’article du sociologue Jean-Claude Paye « L’incitation indirecte au terrorisme sera punie » publié sur le site de La Libre Belgique le 4 février 2013.

 


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